Etudes et statistiques

La nourriture cuite conserve suffisamment d’éléments nutritifs pour garder un chien en vie sans problème de santé apparents, parfois pendant plusieurs années. Le maître du chien suppose donc que cette alimentation convient à son compagnon animal.

Il oublie que c’est bien souvent sur le long terme que les effets de l’alimentation se voient sur l’organisme. Il est normal qu’un chien d’un ou deux ans présente toutes les apparences d’une bonne santé, quel que soit son type d’alimentation : mais si l’organisme d’un jeune chien est parfaitement en mesure de compenser d’éventuels déséquilibres nutritionnels, il n’en va pas de même lorsque l’animal prend de l’âge. Un chien dont l’organisme a accumulé des carences et des toxines depuis son jeune âge est fragile face à la maladie et a une espérance de vie réduite. Les cancers, l’arthrite, les troubles rénaux, cardiaques et pancréatiques apparaissent fréquemment chez ces chiens dès l’âge de 8 ans, parfois même beaucoup plus tôt.

Si l’idée d’aller à l’encontre des conseils de votre vétérinaire vous inquiète, sachez qu’il existe de nombreux professionnels à travers le monde qui nourrissent leurs animaux de cette manière depuis plusieurs années. Le professeur Pitcairn, le professeur Strombeck, les docteurs Billinghurst et Lonsdale, le docteur Plechner et bien d’autres sont des professionnels reconnus de la santé animale. Des éleveurs de toutes races à travers le monde, du pinscher au rottweiler en passant par le berger belge, le dogue allemand, le schnauzer, le bouvier des Flandres ou encore le doberman, ont nourri et continuent à nourrir de cette façon plusieurs générations de champions ou de simples toutous de compagnie.

Pour vous aider à vous forger votre propre opinion, vous trouverez ci-dessous les comptes-rendus de quatre études et un article sur le sujet de l’alimentation canine.

Etude publiée dans le « Journal of American Veterinary Medicine » du 5 mars 2001

(auteurs : Lisa M. Freeman, DVM, PhD, DACVN et Kathryn E. Michel, DVM, MS, DACVN)

Cette étude portait sur l’équilibre nutritionnel et la sécurité sanitaire de différentes rations alimentaires pour chiens. J’insiste sur le terme de « ration » et non de « régime », car l’analyse alimentaire n’a porté, pour chacun des régimes considérés, que sur une seule et unique ration. 6 rations alimentaires ont été analysées : 3 rations ménagères crues (diète BARF, diète Volhard, diète Ultimate) et 3 rations industrielles (boîte, croquettes). Voici comment les auteurs de cette étude présentent leurs travail :

De nombreux arguments existent des deux côtés du problème [alimentation industrielle/alimentation ménagère crue] et ni l’un ni l’autre parti n’a à ce jour fourni de preuves que ces arguments étaient valides : nous nous sommes intéressés aux questions relatives à la nutrition et à la sécurité des régimes de nourriture crue, mais avons hésité à faire des recommandations en raison des lacunes de l’information scientifique. En conséquence, notre but était d’évaluer objectivement si les régimes de nourriture crue préparés par des propriétaires de chien standard étaient sains et nutritionnellement équilibrés. (1)

L’analyse nutritionnelle a été conduite en références aux normes établies par l’AAFCO (équivalent de la FACCO française). La première constatation a été que les 6 rations analysées avaient une biodisponibilité (2) de 100%. Les 6 rations analysées ont en revanche révélé des carences en sels minéraux comme le calcium, le potassium et le zinc et une hypervitaminose en vitamines A, D et E. L’analyse bactérienne des 3 régimes ménagers crus a quant à elle révélé une très forte concentration de bactéries (de 45 000 à 760 000 selon les rations). Ces trois rations étaient exemptes de salmonelles, mais l’une d’entre elles était porteuse de la dangereuse bactérie E-Coli O157:H7.

Les auteurs de cette étude soulignent que les risques liés à la prolifération des bactéries, en particulier pour les propriétaires, ne doivent pas être négligés dans les maisons où vivent des personnes immunodéprimées.

Notons au passage avec regret que les auteurs de cette étude n’ont pas jugé utile d’effectuer cette même analyse bactérienne sur les 3 rations industrielles... Cet "oubli" pose des limites à une exploitation objective des résultats, puisque nous savons aujourd’hui que la présence de salmonelles a été détectée dans des aliments préfabriqués pour animaux lors de contrôles sanitaires.

Il est malgré tout incontestable que les produits crus contiennent beaucoup plus de bactéries que les aliments cuits. Comme on l’a vu plus haut, le système digestif d’un chien en bonne santé est parfaitement apte à les éliminer.

L’évaluation de l’équilibre nutritionnel des 6 "régimes" (terme employé par les auteurs) mérite en revanche un commentaire plus complet. Il est en effet très surprenant d’apprendre que les auteurs de cette étude ont décidé d’effectuer cette dernière suite à la parution de l’ouvrage de Ian Billinghurst "Give Your Dog a Bone". Si on considère qu’ils l’ont effectivement lu, ils ont visiblement négligé un des points clefs du régime. Même si dans cette étude, la ration BARF était celle des 6 rations qui se rapprochait le plus des recommandations AAFCO en terme d’équilibre nutritionnel - sans toutefois les atteindre - il nous faut rappeler un principe fondamental des régimes ménagers crus. Il est impossible d’évaluer à partir d’une seule ration l’équilibre nutritionnel d’un régime ménager cru dans son ensemble. Un des principes du BARF est précisément de varier les aliments jour après jour afin de couvrir l’ensemble des besoins nutritionnels du chien sur un laps de temps plus ou moins long (de une à trois semaines, en général). Si nous devions nous-mêmes manger « équilibré » à chaque repas, nous consommerions chaque jour 5 fruits et légumes frais, un septième d’œuf (= 1 œuf par semaine), de la viande, un peu de poisson, 1 produit laitier, une céréale associée à une légumineuse etc. Ce que nous ne faisons pas ! Mais nous atteignons un équilibre nutritionnel correct sur plusieurs jours, en mangeant chaque jour des aliments différents : c’est pour cette raison que la variété alimentaire est une des clefs d’une bonne santé (le point commun des centenaires : ils ont mangé varié durant toute leur vie !) (3). Manger varié permet de ne manquer d’aucun élément, qu’on va aller puiser dans une variété d’aliments. Un régime industriel, à l’inverse, ne permet pas de compenser les éventuels manques ou excès d’une ration : si un aliment préfabriqué n’est pas parfaitement équilibré (et aucun des 3 aliments industriels analysés dans cette étude ne l’était), le chien qui mange ce même aliment jour après jour développe des carences, nuisibles à plus ou moins long terme. Le terme de « besoins nutritionnels » est d’ailleurs assez hasardeux : il n’existe aucune donnée scientifique sur les besoins nutritionnels optima d’un chien, pas plus que sur ceux d’un être humain... Tout n’est que supposition et « à peu près ». Y compris, d’ailleurs, les normes standardisées de l’AAFCO, qui ont servi de références aux auteurs de cette enquête. Ne perdons jamais de vue que chaque individu est différent et a donc aussi des besoins différents. Le meilleur moyen de ne pas se tromper est donc de varier les aliments, en s’adaptant aux particularités physiologiques de son chien.

Le réel intérêt de cette étude est que ses auteurs reconnaissent en conclusion qu’il n’existe aucune preuve scientifique qu’une alimentation industrielle est meilleure pour la santé d’un chien qu’une alimentation ménagère. Par conséquent, ils se déclarent incompétents à conseiller aux propriétaires d’animaux familiers une alimentation industrielle ou une alimentation ménagère, se bornant à recommander la cuisson des aliments dans les régimes ménagers pour limiter les risques infectieux.

Les chats de Pottenger

Voici une célèbre étude, menée par le Docteur Francis Pottenger entre 1932 et 1942. Cette étude sert encore aujourd’hui de cas d’école aux diététiciens du monde entier. Le Docteur Pottenger avait constitué plusieurs groupes de chats (900 animaux au total), certains nourris à l’alimentation cuite, d’autres nourris à l’alimentation crue (viande fraîche). Ses observations sur 10 ans furent édifiantes. Les chats nourris au cuit étaient plus agressifs et développaient des pathologies similaires à celles que développent les êtres humains, alors que les chats nourris au cru étaient calmes et en bonne santé. Plus tard, il fit passer un certain nombre de chats malades d’une alimentation cuite à une alimentation crue, alors qu’il laissa une autre partie des chats malades à l’alimentation cuite : les chats nourris à l’alimentation crue guérissaient, ceux nourris à l’alimentation cuite décédaient. Au terme de cette étude, le Docteur Francis Pottenger mit en avant les effets destructeurs de la cuisson sur des éléments nutritifs "vivants" essentiels à l’organisme.

Les rats de Mc Carrison

Mc Carrison est un chercheur connu pour ses études, au début du XXe siècle, sur la longévité de la peuplade Hunza (Himalaya), génératrice de centenaires. L’élément clef du régime alimentaire des Hunza se trouve dans la consommation d’aliments dit « vivants » (living food), autrement dit de végétaux, de fruits et d’un peu de viande crus contenant encore leurs propres enzymes, car consommés au naturel, c’est à dire non transformés ou cuisinés. Il soumit à ce régime un groupe de rats, tandis que d’autres groupes témoins étaient alimentés avec des produits cuits. Vingt-sept mois plus tard, les rats bénéficiaires du régime Hunza étaient totalement exempts de maladie et ne présentaient aucun signe d’altération organique, à l’inverse des rats des groupes témoins.

« Enquête alarmante : la malbouffe fait aussi des ravages chez nos compagnons préférés » (Le Quotidien de Namur, Belgique)

Cette enquête est beaucoup plus récente (2005) et a été menée sur 700 chiens par le vétérinaire belge Gérard Lippert avec l’appui de Vétérinaires Sans Frontières. Cette enquête a démontré que l’influence des conditions de vie (vie citadine ou rurale, sédentaire ou sportive etc.) sur la santé et la longévité des chiens était quasiment nulle. Elle a en revanche permis de faire la constatation suivante : les chiens nourris de rations ménagères avaient une espérance de vie supérieure de 30% à ceux nourris avec des aliments industriels, soit une durée de vie moyenne de 10 ½ ans pour les chiens nourris avec des aliments industriels contre 13 ½ ans pour ceux nourris avec des rations ménagères. Les chiens nourris avec une alimentation mixte (industrielle et ménagère) avaient une durée de vie moyenne de 11 ½ ans. Note personnelle : la centaine de témoignages que j’ai moi-même recueillie au début de ma vie de maître-Barfer a corroboré ces résultats.

Le plus vieux chien du monde ?

Pour l’anecdote, voici ce que nous rapporte en 2005 le vétérinaire Honey Nelson dans le Sydney’s Daily Telegraph (édité par The Associated Press) :

Un bâtard de 26 ans, vivant dans une famille aborigène va peut-être devenir le plus vieux chien vivant du monde. Un croisé de bouvier-bull-terrier atteindra prochainement l’âge de 27 ans (équivalent de 189 ans chez l’être humain). [...] Le propriétaire de ce chien prénommé Jerry attribue sa longévité à un régime à haute teneur en protéines animales issues de la faune sauvage locale. Jerry a grandi en mangeant du kangourou, du lapin et de l’émeu, aussi bien que des restes de table. (4)

Et non des boîtes ou des croquettes...

Si vous choisissez malgré tout de nourrir votre chien à l’aide d’aliments industriels, je vous invite à choisir la marque et la gamme en fonction des éléments que nous venons de voir et non sur la bonne réputation d’un produit ou les conseils d’un tiers. Autrement dit, excluez d’emblée les aliments humides (boîtes) et semi humides (soupes), remplis de sous-produits animaux et végétaux et de produits chimiques (exhausteur de goût, colorant etc.). Evitez également les produits dont le premier ingrédient ne serait pas de la viande ou de la farine de viande. Idéalement, choisissez un produit dont les deux premiers ingrédients sont des produits animaux, garanti sans colorant, sans conservateurs chimiques et dont tous les ingrédients (y compris ceux d’origine végétale) sont garantis propres à la consommation humaine. Dans ce domaine, il existe des certifications reconnues sur lesquels vous pouvez vous appuyer : normes ISO, normes AFAQ, normes AAFCO (Etats-Unis) pour ne citer que celles-là.

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1) NDA : traduit de l’anglais par l’auteur
2) Potentiel d’assimilation des nutriments présents dans un aliment
3) Source : la Diététique de la Longévité, Dr Dominique Lanzmann-Petithory
4) NDA : traduit de l’anglais par l’auteur

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Un extrait du Guide BARF
Auteur : Laurence Caro
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